Demain, nous sommes Mercredi, voilà on est content.
Comme chaque Mercredi, la plupart des adolescents ont leur après-midi de libre. (C'est d'ailleurs pourquoi ce jour est si bien et qu'on est content). Ce qui veut dire que Monsieur est de sortie, ce qui veut dire que je suis de sortie, ce qui veut dire que si je le vois pas demain je crève. J'me suicide, normal. :). Non un peu de sérieux, dans l'intercalaire de la complication, je suis en première page, tu me vois, je suis en train d'écrire sur une page blanche, qui reste blanche d'ailleurs. Au dos de la feuille tu peux voir une montagne de smileys et de Be Happy, c'est toujours plus marrent que de regarder du vide tu vois. Alors tu me vois, je m'exprime toujours au second plan, je dévie toujours le sens de ce que je veux dire, en contournant le vif du sujet (c'est pour ça que jamais personne comprend le sens de mes phrases). Alors tu me vois toujours, sourire naïvement parce qu' au lieu d'écrire je lis, et relis ce qui m'a été donné, des phrases que j'aurais été capable d'écrire à l'âge de cinq ans, mais qui font plaisir si facilement. Alors tu me vois, perplexe, parce que je cherche si cela a du sens, si vraiment ce qu'on me dit est vrai, alors je suis parfaite, c'est ça. Tu me vois encore en train de rire aux éclats avec mes potes, nos clopinettes en bouche, les écouteurs aux oreilles regardant attentivement les figures de skate. Tu me vois assise sur le banc de la dernière rangée, les jambes croisées et le regard fatigué de passer ses nuits éveillée. Tu me vois le portable à la main, écrire si vite sur les touches de mon clavier tout en faisant attention à ce que j'écris et en relisant 12 fois mon texto avant d'appuyer sur " envoyer ". Tu me vois sur les nerfs injurant la civilisation et la citoyenneté. Tu me vois vulgaire, n'aimant pas vos regards persistants, arrêtez de me regarder, arrêtez. Tu me vois taguer mes shoes, taguer et encore taguer mes affaires. Oui c'est bien moi. Au final mon vieux, je te veux toi, tu me veux moi depuis un bout de temps, alors s'il te plaît, fait pas ton minimoys, on sait tout les deux à quel point on se kiff, je m'en fiche des autres, si je t'ai choisi toi, c'est parce que les autres ne m'intéressent point et que t'es un gros défoncé d'la vie.